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Lettres à l'eau de là

Adopter la devise du cadran solaire: je ne marque que les heures ensoleillées
August 12

Sagesse

 
 
Un jour, on demanda au Dalaï Lama : « Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans l'humanité ? »
Il répondit : « Les hommes qui perdent la santé pour gagner de l'argent et qui, après, dépensent cet argent pour récupérer la santé. A penser trop anxieusement au futur, ils en oublient le présent, à tel point qu'ils finissent par ne vivre ni au présent ni au futur.
Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu ».

July 25

Le vol des anges

 
Il est 15h36, à cette heure vous volez au-dessus de ma tête, en route vers votre 2ième chez vous, la Turquie. 
 
Tout s'est précipité ces deux derniers jours...Un appel, un soir, on court pour les attestations, la mutuelle, les passeports et quelques jours plus tard, nous sommes à l'aéroport et vous voilà partis...
 
Je viens d'avoir votre grand-père au téléphone, incapable de retenir mes larmes, j'ai expliqué qu'il devait bien prendre soin de toi mon Matis, courageux, tu n'as pas pleuré, mais je sais que ce départ sans moi t'angoissait fortement.  Depuis la mort de ton papa, tu vis dans une angoisse qu'il m'arrive quelque chose et j'ai beau tenté de te rassurer, rien n'y fait, tu es toujours aussi inquiet.
 
Mon Timur, était comme à l'habitude, tout souriant, pourtant, au moment de franchir la porte de l'enregistrement des passeports, il a tout à coup fait marche arrière, et il est revenu vers moi, il m'a serré très fort et il m'a dit "Mamounette, je t'aime".
 
On ne mesure pas, lorsqu'on décide faire des enfants avec une personne originaire d'un autre pays, qu'un jour, qui sait, ils partiront seuls, c'est loin mais cela fait partie d'eux aussi.  J'aime à savoir qu'en partant là-bas, mes enfants retrouvent cette part d'eux-mêmes, ce qui fait la richesse du mélange des cultures, c'est d'être en contact avec l'une comme avec l'autre. 
 
Bodrum, le pays de tous les bonheurs, il y fait toujours beau, là vous êtes entourés de tout l'amour de grands-parents plein de tendresse, d'affection et de sagesse, vous mangez des fruits et des légumes frais tous les jours, vous êtes heureux, plein de vie, vous nagez, vous faites des rencontres. 
 
Là-bas, vous retrouvez un peu votre papa qui vous manque tant.  Vous écoutez les histoires de votre grand-père, vous prenez un tchai le soir, main dans la main avec votre grand-mère.
 
Je sais que vous serez bien, mais j'ai du mal.  Je comprends qu'il est temps de préparer votre après.  Ce jour qui viendra, où vous vivrez vos vies et ça ira très vite, on ne se prépare pas assez. 
 
Il est temps pour moi de vivre ma vie, de vivre pleinement les choses et d'apprendre à penser un peu à moi ....D'envisager en douceur tous ces changements qui m'attendent, je crois qu'il faut maintenant faire une place à Andréa et cessez un peu de toujours n'être que maman... Mais j'aime tellement ce rôle et vous me comblez tellement.
 
A tout bientôt mes zamours, je vous attends et promis je vais en profiter...genre agenda surbooké d'amis et d'amies qui me réclament ! Je sais je me la pète un peu sur ce coup là !
 
Un petite mamam un peu larguée sans ses deux déménageurs....
 
 
July 10

Le pouvoir d’une tombe

 

 

Dimanche, 6 juillet 2008

 

Nous allons au cimetière les enfants et moi, la pierre tombale a été placée et les enfants veulent voir à quoi cela ressemble.

 

Jusqu’à présent, nous allions nous recueillir sur un lopin de terre, entouré d’une bordure en béton parsemé d’herbes folles et sur lequel une toute petite plaque blanche portait ton nom.

 

Nous arrivons, une dalle en marbre mouchetée gris et blanc et noir entoure ta parcelle, un fronton sur lequel un drapeau turc est dessiné et ton nom, ta date de naissance et celle de ton décès écrites en lettres blanches.  Au milieu, de la pierre, la terre fraîche, sans aucune garniture.

 

Je fonds en larmes, ça faisait longtemps que je n’avais plus pleuré sur ta tombe mais là, c’est trop.  La date de début et de fin de ta vie est clairement identifié, là nous comprenons tous les trois que tu ne reviendras plus jamais.   

 

Tant que rien, à part cette toute petite plaque blanche, ne t’identifiait, les enfants avaient le sentiment que tu n’étais pas tout à fait parti…L’absence était lourde à porter mais dans leur cœur à tous les deux, dans leur tête…il y a avait comme un espoir.  Ta pierre tombale a définitivement clos le chapitre de ta vie, elle avait un début, elle a maintenant une date de fin, taillée dans la pierre et que tout le monde peut lire.  J'ai le vertige, je revois la naissance de nos enfants, je revois nos vies, notre séparation, nos disputes et le choc le soir de ton accident. Tout me revient en mémoire…comme un flash, cette soirée de ma vie qui reste à jamais comme un cauchemar qui me suit même quand je ne dors pas.

 

Timur regarde la tombe comme figé, comme si tout à coup ta disparition se faisait plus dure, plus forte, plus irréversible.  Matis est silencieux, il ravale sa peine et sa douleur et tout le manque de toi dont il continue à souffrir.  Il me dira par après que jamais, il n'avait pensé, si jeune, se retrouver face à la tombe de son papa.

 

 

Pour ne pas rester sur cette note pleine de nostalgie, je propose aux enfants de mettre soit des pierres pour recouvrir le centre de la tombe, soit de faire appel au papa de Julien pour qu’il plante du gazon et que ce soit plus joli, plus accueillant.

 

Les enfant admirent le drapeau turc, peint en rouge et je leurs fait remarquer qu’on distingue la tombe de loin grâce à lui.  Les enfants trouve aussi qu’elle a quelque chose de spécial.

 

Cette pierre posée c’est un terme, dans le même temps j’ai eu la copie du dossier, mon avocat me l’a transmise.  C’est probablement un jeune homme de 20 ans qui t’a renversé, fautes de preuves et malgré des incohérences flagrantes dans le dossier, la justice a conclu à un non-lieu.

 

La boucle est bouclée, nous savons ce qui s’est passé ce soir là, tu étais au mauvais endroit, au mauvais moment.  Il reste à tes enfants à grandir avec cela, fini les doutes et les incertitudes et toutes les histoires abracadabrantes qu’on a raconté à ce sujet.  Tu es une victime de la route, comme il y en a tant d’autres, que l’incivilité a tué deux fois, la première lorsque tu es mort seul sur ce trottoir, la 2ième lorsque cette personne qui ne s’est pas arrêtée a décidé qu’elle ne se dénoncerait pas.

 

On vit une drôle d’époque, on peut se permettre de tout faire, sans jamais être inquiété, sans avoir de remords, sans se poser de questions.  Mais, je reste convaincue de cette justice immanente qui fera payer un jour le prix de cet acte à son ou ses auteurs.  Qui sème le vent, récolte la tempête et peut m’importe quand l’heure de la moisson de la punission viendra.

 

Mes fils viennent de franchir une étape de plus, dans le long processus du deuil, nous voilà tous les trois en route vers le une autre façon de vivre le bonheur, la route s’ouvre à nous et nous avons encore tant de belles choses à vivre.  Plus que jamais conscients, la précarité de la vie et la fragilité des instants, nous sommes devenus des épicuriens et n’hésitons jamais à rire, à hurler, à danser, à nous dire que nous nous aimons et à nous le prouver par de petits gestes, de petites attentions.

 

Nous sommes trois, plus forts que jamais, plus heureux de vivre et d’avoir la chance de chaque jour faire partie de cette vie.

 

Dans 20 ans, quand ils seront eux-mêmes parents, qu’ils auront fait leur vie, j’espère qu’ils se souviendront de ces moments faciles et difficiles, tendres ou orageux,  émouvants et douloureux et que cela leur donnera la force, pour à leur tour, se battre pour ceux qu’ils aimeront.

 

Je sais surtout une chose c’est que je les aurai élevé avec l’idée que le bouteille est toujours à moitié pleine et que l’autre moitié n’est pas forcément toujours essentielle à la réussite d’une vie.

 

July 04

Déclaration d'estime de soi

 
On a tous des jours où c'est un peu lourd...un peu difficile.  Des jours où on a l'impression d'avoir tout raté et de n'avoir pas réussi grand chose ....
 
Alors voilà un petit texte, bateau pour certains, téléphoné pour d'autres, mais je pense que si on est honnête avec soi-même, le lire et se le dire à soi-même ça fait quand même du bien :
 
DANS TOUT L’UNIVERS,
il n’y a pas une autre personne qui soit  
exactement semblable à moi.
Je suis moi et tout ce que je suis est unique.
Je suis responsable de moi-même.
J’ai tout ce qu’il me faut, ici et maintenant,
 pour vivre pleinement.
Je peux choisir de manifester le meilleur
 de moi-même.
Je peux choisir d’aimer, d’être compétent,  
de trouver un sens à ma vie,  
et un ordre à l’Univers.
Je peux choisir de me développer, de croître  
et de vivre en harmonie
 avec moi-même, les autres.
Je suis digne d’être accepté et aimé exactement
 comme je suis ici et maintenant.
Je m’aime et je m’accepte.
Je décide de vivre pleinement dés aujourd’hui.
 
Rosette Poletti et Barbara Dobbs.
July 02

Ingrid Betancourt est libre

 
 
21h35, je regarde Ushuaia avec mes enfants, tout à coup, un bandeau à l'éran, l'armée colombienne annonce la libération d'Ingrid Betancourt.  Je suis émue, tellement, émue, je pense en premier lieu à cette femme, à tout ce courage qu'elle a du avoir pour tenir si longtemps aux mains des Farc, je pense à ses enfants, qu'elle n'a pas vu grandir et qui se sont tant battus pour elle. 
 
Je pense à toutes ces personnes qui se sont mobilisées, je pense à ce drapeau qui flotte sur le Mont Blanc depuis hier et qui lui a peut être porté chance.
 
Bienvenue chez vous Madame, bon retour enfin après ces 6 longues années, je vous souhaite de retrouver votre famille, votre vie qu'on vous a volée. 
 
Il est 22.30, la nouvelle est confirmée officiellement par l'Elysée, vous êtes libre et en relative bonne santé. 
 
Depuis la libération de Clara et ses retrouvailles avec son fils, tous les espoirs étaient permis.
 
Vous êtes bientôt là et tous nos voeux de rétablissement vous accompagnent.
 
 

2 ans déjà….

 

 

 

Il y a deux ans déjà que le 30 juin 2006, je subissais ma dernière opération, celle qui mettait un terme à 9 mois de combat contre le cancer.  Je suis en rémission provisoire et les jours et les mois passent qui m’acheminent doucement vers la rémission définitive.

 

Le bilan de ces deux années est chargé de beaucoup d’émotions différentes : un grand chagrin – la mort d’Hakan  qui fut quelques mois plus tard suivi par une grande joie : ma rencontre avec Pierre.  Beaucoup d’amour, avant tout, celui de mes enfants, chaque jour ils m’apprennent à donner le meilleur de moi-même.  Etre leur maman est une grande satisfaction.  Ils travaillent bien à l’école, ils sont gentils et surtout très attentionnés.  Je suis fière de les voir grandir et garder le cap malgré les difficultés qu’ils rencontrent.

 

Matis a beaucoup souffert ces deux dernières années, mais aujourd’hui, l’avenir s’éclaircit à nouveau, il va reprendre le basket et ce sera formidable pour lui. Il est courageux, très intelligent, autonome, il a une force en lui extraordinaire qui lui fait passer tous les obstacles, il me donne des trésors de tendresse et c’est un vrai bonheur à vivre.  Il est profondément généreux de lui-même et c’est une très belle qualité

 

Timur a pris 12 cm, il me dépasse d’une tête, sa voix a mué et il est un vrai petit homme en miniature et fait preuve d’une maturité qui le rend fort, attachant, rassurant.  Il sait où il va, il se  bat pour ce en quoi il croit et ne laisse personne infléchir sa route.  Il est juste, droit et bon des qualités rares à notre époque.  C’est un élément modérateur que ce soit au foot ou à l’école.  Il est le confident de tous.

 

Et moi… Moi, je vis, je revis.  J’ai appris à me ménager du temps pour moi.  J’ai redécouvert le plaisir d’aller manger un bout avec une amie et de bien profiter de ma soirée.  De temps en temps, je vais faire du shopping, seule, juste pour le plaisir de me promener et d’essayer des choses sans forcément les acheter.

J’aime particulièrement aller me promener dans le quartier de la rue Blaes, le dimanche matin et de m’en mettre plein les yeux de toutes ces belles choses.

 

J’ai découvert le plaisir de m’octroyer des soirées en tête-à-tête avec Pierre, loin de nos enfants respectifs, on se retrouve, nous ne sommes plus des parents mais simplement lui et moi et c’est une autre façon de vivre de notre couple.

 

J’ai découvert tout simplement, le plaisir d’avoir quelqu’un dans ma vie, j’ai appris à faire de concessions, j’essaye de ne pas me braquer, de mettre de côté mon tempérament Strombolli.  Je réapprends à vivre une relation sur le long terme.

 

Nos enfants sont heureux de cette relation, ils se sentent bien et sont épanouis et c’est tout ce qui compte à nos yeux.

 

J’ai un autre regard, sur la vie, sur le monde, sur les personnes, ce qui les fait interagir et, de plus en plus, au lieu de prendre les choses au pied de la lettre, j’essaye de comprendre certains comportements.  Quand je vois comme le cancer a bouleversé ma vie, je me dis que celle des autres peut aussi l’avoir été.

 

Je suis plus encline à la tolérance sauf pour la bêtise et la méchanceté qui vont souvent de paire.  Perdre mon temps avec des personnes qui sont foncièrement négatives ou qui passent du temps à râler…Je n’ai plus du tout envie et surtout plus du tout de patience.

 

J’ai appris à dire non, à me faire respecter et surtout à me respecter dans mes envies, mes besoins et à les vivre au jour le jour.  C’est comme si la maladie m’avait sortie d’un carcan et que je me sentais enfin libre d’être ce que je suis.

 

J’ai renforcé mes liens d’amitié avec ces amis qui sont si chers à mon cœur, ceux qui ont et qui sont toujours là.

 

La vie ne cesse de me faire des beaux cadeaux depuis deux ans, le bonheur de mes fils, le soutien et l’amour inconditionnel de ma super maman, ma rencontre avec Pierre, la tendresse de ses filles,  mes séjours à Sebourg, l’attention de mes amis, la reconnaissance de mon travail, comme si une page se tournait enfin, le plus difficile est resté derrière moi, le plus beau reste à venir.

 

J’ai conscience de la précarité des choses, des sentiments, de la fragilité du bonheur, d’un instant, alors je laisse une larme couler quand un film est émouvant, je ris souvent et fort car ça fait un bien fou, je dis et je montre à ceux qui me sont proches combien ils comptent pour moi, je donne le meilleur de moi-même à mes fils et je les regarde grandir avec tout mon amour de maman, je fais plein de projets, je saisis toutes les opportunités de les vivre et je tire de la vie, de ma vie le meilleur parti.

 

Je serai en rémission définitive à mes 45 ans, je vais faire une fête magnifique avec plein de monde, ma famille, mes amis, mes collègues, tout ceux qui auront jalonné ma vie et qui m’auront aidée à me construire.  Ce sera la fête de ma liberté, la fête de la vie.

 

En attendant, je vais continuer, à profiter et à aimer cette vie que j’ai mis tant de temps à découvrir dans sa vraie dimension et sa vraie richesse.

July 01

Bienvenue chez les Karléoco

 
 
 
Mais qui sont donc les Karléoco  ? En ces temps très perturbé du mariage, il existe de plus en plus de petites familles à géométrie variable et variée.  Les Karléoco en sont un exemple parfait.
 
Il y a le papa, mais seulement d'une partie des enfants de cette étrange tribu, son surnom le Zwx, pas commun surtout que s'il doit décliner son identité, ça fait quand même Zwx Karléoco, ce qui, vous en conviendrai est particulièrement difficile à dire.  Il est gentil, très attentioné, prêt à rire de tout et très en phase avec tous ces enfants, les siens comme ceux de sa compagne la Zutte, dont il est très amoureux.  Il cumule avec aisance, vie professionnelle et vie de papa, il a plein de projets dans la tête et il adore son rôle de patriarche au bout de la grande table quand tout le monde est réuni !
 
La Zutte, c'est donc la maman, mais pas de tous les enfants, il est vrai aussi, que point de vue identité, La Zutte Karléoco ça sonne tout suite du Sud et du tempérament, elle en a à revendre ! Elle est surtout réputée pour son fou rire qui est irrésistible, elle est plutôt gironde mais bien dans sa peau et très amoureuse de son Zwx des bois.  Elle adore sa tribu et est prête à tous les sacrifices pour la protéger.  Elle veille sur le bien être de tous et a à coeur que tout le monde soit bien !
 
Il y a Maxipuce, dotée d'un caractère bien trempé, elle aime les Wings, les barbercues avec Bouboune (un autre membre de la tribu) le foot, les soirées devant la télé, les fruits rouge, surtout ceux qu'on ceuille avec le Zwx dans les bois derrière chez Nénette et Grand-Pierre.  Elle est très intelligente, douée en dessins, mais gare à l'orage, lorsqu'elle laisse éclater son courrou, un ange passe...Elle est très câline avec le Zwx et avec la Zutte et semble avoir trouvé sa place dans cette nouvelle tribu.  Elle est pleine de vie et adore bouger, sauter, courir.  Elle aime beaucoup Kara avec qui elle échange beaucoup de douceurs.  Elle promet de devenir une très jolie jeune fille et contre toute attente, elle aime beaucoup les fils de la Zutte, qu'elle réclame souvent !
 
Il y a Minipuce, plus timide que sa grande soeur, mais pas moins de caractère pour autant ! Elle a des grands yeux irrésistibles auxquels il est difficile de dire non ! Elle joue l'ignorance et l'indifférence, mais elle est attentive à tout.  Elle aime les Wings, beaucoup Bouboune à qui elle fait tout faire, y compris un dîner avec une dînette en porcelaine.  Elle adore que le Zwx face le cheval et elle aime se glisser dans les bras de la Zutte pour lui faire des câlins mais toujours quand elle l'a décidé.  Elle charme d'un sourire et vous brise le coeur quand une larme coule sur sa joue et que son petit regard se voile de tristesse.  C'est une petite bouille d'amour pleine de tendresse.
 
Il y a Tititurkish, le géant de la famille, du haut de sa taille de jeune homme en pleine croissance, il domine son petit monde en cachant un coeur grand comme la lune derrière ses lunettes fashion ! Il a une grosse voix en pleine mutation mais sa voix se fait douce et gentille quand il s'adresse à Maxipuce et Minipuce, il vit sa vie d'ado, heureux que dans cette famille on ne lui en demande pas trop.  Il a adopté le Zwx comme un pote avec qui il partage beaucoup de choses, les visites au salon de l'auto étant un must !   Le foot est un autre point commun entre le Zwx et Tititurkish, le plus jeune expliquant au plus vieux, les bases essentielles à la bonne compréhension d'une partie.  Il adore le foot, dofus, internet et les filles ! Un spécimen en plein boum
 
Il y a Bouboune, le petit frère de Tititurkish.  C'est le héros de Maxipuce et Minipuce, il joue à la barbie avec l'une et fait des barbecues avec l'autre, il prend des photos de l'une et joue au foot avec l'autre, bref, un compagnon de jeu complet ! Il adore le basket et redeviendra bientôt un basketteur, il aime son chat, Eliott et apprécie tout particulièrement le Zwx.  Il aime les après-midi à la piscine, les soirées jeux et surtout les câlins de la Zutte dont il est très demandeur.  Dans la tribu c'est l'élément fédérateur et modérateur.  Il aime que tout le monde s'aime et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes.  Il est très intelligent mais il ne s'en vante pas.  Il aime sa PSP, Dofus, aller à la piscine, les jeux de société.  Comme tout bon scout qui se respecte, il est : toujours prêt !
 
Il y a Karamel ! La chienne pour qui tout ce petit monde se plie en quatre et qui le rend bien.  Douce, tendre, gentille elle aime bien cette nouvelle version de son univers quand elle se décline au complet.  Elle est la coqueluche des enfants, se laisse câliner par l'un, promener par l'autre, gâter par un troisième et joue au foot avec un quatrième.  Elle fait partie du lot de cette famille en délire qui ne rate jamais une occasion de s'amuser et de profiter de la vie.  Elle se couche dans un coin et observe d'un oeil amusé ces allées et venues desquelles elle fait toujours partie.
 
Il y a Eliott ! Le chat, un peu intimidé au départ de cette arrivée massive de nouveaux venus.  Il a tout de suite compris son intérêt, plus d'assiettes à table, plus de possibilités de pouvoir voler l'une ou l'autre pitance à qui ne sera pas attentif.  Il a accepté le Zwx sans problème et vient allègrement faire ses griffes sur son pantalon pour lui montrer toute son affection.
 
 
Tant de choses, tant de personnalités, tant de rêves à réaliser, tant d'amour surtout.  A les voir tous ensemble on ne voit pas la différence, peut importe qui est papa ou maman de qui, tout le monde a sa place et chacun trouve la sienne.  Ils vivent séparément mais à l'heure des retrouvailles, seul compte le plaisir d'être à nouveau tous ensemble !  
 
La devise des Karléoco c'est " Ensemble c'est tout ! "
May 21

Le savoir vivre

 

Depuis qu’ils sont nés, j’ai toujours été très ‘à cheval’ avec mes fils sur la politesse.  Bonjour, merci, pardon, je voudrais….je crois que j’ai fait du martelage intensif mais c’est devenu une saine habitude chez eux.  Dès que je le pouvais, je glissais dans la conversation, tu n’as pas oublié le petit mot magique ?

 

Souvent, les professeurs à l’école me parlaient de la cordialité de Matis et de Timur, mais ayant la version parfois très trash à la maison, je n’avais jamais eu l’opportunité de pouvoir constater moi-même que ce goût de la politesse et de la cordialité était devenu naturel chez eux.

 

Il y a deux week-end,  nous sommes allés à un tournoi de football.  Le premier match est une véritable catastrophe, les enfants sont confrontés à une arbitre débutante qui ne siffle rien ou presque et face à une équipe qui les insulte dès que l’occasion s’en présente.

 

Au sortir de ce match, les joueurs, le coach, les parents, tout le monde est très énervé.  Toutes les mamans présentes, tentent tant bien que mal de calmer le jeu, les papas étant, eux, plus sur la défensive.

 

Le deuxième match commence et là, l’arbitre est meilleur mais, ce que nous ne voyons pas et surtout n’entendons pas dans les gradins, c’est qu’il conseille les joueurs de l’autre équipe au détriment des nôtres.  Déjà échaudés et révoltés d’avoir été floués par l’arbitre au premier match, tout le monde, enfants, coach, parents stresse et le coach et un papa, s’en prennent verbalement à l’arbitre à la fin du match.  Nos joueurs quittent le terrain sans saluer les autres joueurs, qui n’y peuvent rien.  Tous sauf UN, mon fils.  Très sportivement et sans tenir compte de l’empoignade verbale de son coach, il va serrer la main de tous les joueurs.  A un âge où faire partie d’un groupe est primordial, ou un ado a besoin de ses « potes » pour vivre, avoir ce comportement était vraiment très courageux de sa part.  Il s’est démarqué, il n’a pas eu peur et sa conscience lui a dicté le bon choix.

 

J’ai été émue aux larmes et très très fière de lui.  Par son geste, il a donné une bonne leçon à des personnes qui pensent et qui confirment par leur comportement que le foot  a bien du souci à se faire.  Lorsque je l’ai retrouvé après le match, je l’ai félicité et je lui ai dit que bien plus que le goal qu’il avait marqué, son comportement à la fin du match était le plus beau des cadeaux.

 

Cette semaine, je devais faire contrôle médical avec Matis. A l’arrivé à l’hôpital, nous nous asseyons, toutes les places sont prises.  Arrive alors un dame, d’un âge certain, elle doit attendre, tout comme nous.  Elle se dirige vers nous et là, mon petit bonhomme se lève et fait un geste de la main vers la dame pour lui indiquer qu’il lui cède sa place.

La dame très étonnée le remercie chaleureusement en lui faisant un petit compliment.  Après, elle me dit que cela l’a vraiment beaucoup touchée et qu’à notre époque, ce type de comportement est devenu très rare.  Moi, je suis très émue.  Je félicite Matis et je lui dit qu’il a bien raison de se comporter de la sorte et que je suis très fière de lui.

 

Il m’est souvent arrivé de douter.  De me dire que je ne faisais pas toujours ce qu’il fallait.  Mais aujourd’hui, en regardant le résultat, je sens que j’ai bien fait parfois de me poser des questions, d’écouter certains conseil et de revisiter ma façon de faire.  Etre parent, à notre époque, c’est parfois difficile, éprouvant et stressant, les enfants sont influencés par les médias, internet et surtout les copains.  On passe pour des « vieux » et des « pas fashion »  et on se dit à regret que lorsque nous étions jeunes, nous nous étions promis de ne jamais le devenir.  

 

Puis il y a ces petits  moments comme ceux que je viens de vivre, je me dit que le jeu vaut largement la chandelle et que je veux bien que mes fils pensent de moi que je suis une  « has been » si l’éducation que je donne en fait des hommes à part entière.  Je continue donc…je suis sur la bonne voie

April 26

Seule

On a tous des choix à faire.  La vie est une suite de décisions à prendre qui ont un impact grand ou petit, positif ou négatif sur ce que sera la suite.

 

Ces choix sont motivés par nos sentiments qui vont du besoin, à l’envie, à l’amour en passant par l’urgence parfois même la détresse.

 

Le passé influe aussi grandement sur ce que nous faisons, comment nous agissons.  Si nous avons assumé nos erreurs, nos choix ou non.  Si nous avons bien vécu les répercutions de certains choix où si nous « payons » encore d’avoir un jour pris une route.

 

Le futur est aussi important que le passé, on espère que la vie sera meilleur après et que ce n’était qu’un moment, que dans jours qui suivront ce choix, ce changement de cap, la vie va prendre enfin la direction qu’on souhaite.

 

Il y a peu, j’ai décidé de mettre un terme à une relation qui me tenait à cœur.  Depuis 7 ans, la solitude avait largement eu le temps de me faire voir à quel point elle pouvait parfois être dure.  Dans les moments les plus difficiles de ma vie, au moment de ma maladie, le soir de la mort d’Hakan, j’étais seule.  

 

Je crois que c’est cela qui m’a permis d’avancer, de pouvoir passer au-dessus car je savais que personne d’autre ne pouvait le faire à ma place.  J’ai appris à me faire confiance durant toutes ces années et je ne me suis jamais trahie.  J’ai avancé en tenant compte des mes ressources, j’ai protégé mes enfants, je les ai aimés, éduqués et aujourd’hui, à la lumière de tout ce qui s’est passé, je suis très fière du résultat.

 

Après 7 mois sans nuage, il y a tout à coup eu un bel orage.  Celui qu’on ne voit pas venir, qui se déclenche en quelques minutes, violent, précédés de bourrasques qui renversent tout, d’une pluie battante à laquelle rien ni personne n’échappe et enfin le tonnerre, les éclairs et la foudre.  Un orage, laisse après lui un calme, une paix, comme si tout un chacun devait reprendre ses esprits.

 

C’est ce que je vis aujourd’hui, cet orage, je ne l’ai pas vu arriver, il a tout renversé, il a fait éclaté ma petite bulle de bonheur et aujourd’hui, je reprends ma route vers ailleurs après avoir hésité sur la bonne foi de ma démarche.

 

Je crois que certaines personnes passent dans notre vie, le temps pour nous de comprendre certaines choses et de voir plus clair en nous.  On ne le sait pas quand on les rencontre mais au fil du temps, on s’enrichit, on grandit et on les voit partir avec douleur quand vient la séparation.  Pourtant, après coup, c’est autre chose qui nous revient, ce n’est plus la tristesse ou la nostalgie mais bien le sentiment d’avoir reçu, en cadeau, des émotions, des partages, des bonheurs et que tout cela nous a fait avancer bien au-delà de ce que l’on aurait pu imaginer.

 

J’ai ce sentiment là aujourd’hui.  Vivre cette belle aventure durant 7 mois m’a donné l’impression que j’étais, enfin, comme tout le monde.  J’ai cru que c’était possible, que j’avais trouvé ma place et que l’avenir s’ouvrait devant moi, que ce que je cherchais était là.

 

Mais, j’ai pris le temps, j’ai pris le temps de réfléchir, chose que je n’avais jamais faite avant.  Plutôt que de claquer une porte, j’ai longtemps pesé le pour et le contre, j’ai essayé de comprendre ce qui m’avait mené à cela, j’ai accepté que les choses soient différentes de celles que je souhaitais.

 

Pour la première fois, j’ai aussi pensé à moi, je n’ai pas pensé en terme de plaisir de l’autre, des autres, je me suis juste demandé si tout cela serait bon pour moi.  Et la réponse ne m’a laissé aucun doute, c’était non, clairement non.

 

De cette réponse, j’ai compris encore mieux ce que je t’attendais dans ma vie et surtout de COMMENT je le voulais.  J’ai eu le sentiment à un moment, d’être une enfant gâtée à qui on a offert un beau cadeau et qui ne sait pas en profiter car elle en regarde déjà un autre.  Mais ce n’était pas cela.  En fait, c’est comme si j’étais passée devant un magasin, dans la vitrine, la plus jolie boîte qu’il soit.  Tout le monde à ce genre de boîte sauf moi…Alors un jour, après des années passées à économiser, j’ai enfin pu acheter ma boîte, pour y mettre mon amour, mes souvenirs, mes espoirs, mes attentes, mes envies, mes besoins, mes rêves, mes colères, mes chagrins, ma force…  Mais la boîte une fois ouverte, je découvre que je ne pourrai pas tout mettre dedans et je n’ai envie de renoncer à rien.  Alors à regret, je la range en me disant qu'il faudra que j'attende encore pour trouver celle qui pourrait tout contenir sans rien laisser

 

Depuis que j’ai été malade, je ne veux plus renoncer à rien, renoncer c’est s’avouer vaincu sans s’être battue et moi j’ai encore plein de force à mettre dans un combat, surtout celui-là.

Je ne renonce pas, je ne m’avoue pas vaincue.  

 

Quelque part, quelqu’un m’attend, comme je l’attends, on ne se trouvera peut-être pas tout suite,  on s’est peut être déjà trouvé mais raté ou peut-être que même les circonstances ne nous ont pas permis de nous trouver, mais je sais, plus que jamais, que plutôt que de vivre les choses à moitié, je préfère attendre et savourer.

 

La vie m’a fait de très beaux cadeaux depuis ma maladie, de belles rencontres, de belles histoires, beaucoup d’amour, d’amitié.

 

Aujourd’hui, je la vois comme elle est, belle tout en étant parfois difficile.  Mon parcours est exceptionnel car il est jalonné de bien plus d’épreuves que celui de la plupart des gens mais mes bonheurs sont à la hauteur de mes souffrances….tout aussi exceptionnels.

Une très belle découverte

 
Un collègue m'a fait connaître un auteur que j'apprécie de plus en plus en plus, au fur et à mesure de mes lectures.  Des textes qui décrivent tant et mettent tellement joliment en mots ce que je ressens...un plaisir sans cesse renouvelé
 
Quand l'amour vous fait signe, suivez-le,
bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l'épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu'il vous parle, croyez en lui, malgré que sa voix puisse briser vos rêves
Comme le vent du nord saccage vos jardins.
Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu'il est pour votre croissance il est aussi pour votre élagage.
De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères
qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusques à vos racines et les secouera
dans leur attachement à la terre.
Comme des gerbes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre balle.
Il vous broie jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à ce que vous soyez souples.
Et alors il vous livre à son feu,
pour que vous puissiez devenir le pain sacré du festin de Dieu.
Toutes ces choses, l'amour vous les fera
pour que vous puissiez connaître les secrets de votre coeur
Et devenir, en cette connaissance, un fragment du coeur de la Vie.

Mais si dans votre peur, vous ne recherchez
que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour,
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et sortir de l'aire de l'amour.
Pour vous rendre dans le monde sans saisons où vous rirez,
mais non pas de tous vos rires,
Et pleurerez, mais non pas toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même et ne prend que de lui-même.
L'amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
 
K. Gibran

Il manque

Il manque un temps à ma vie
Il manque un temps, j'ai compris
Il me manque toi
Mon alter ego

Tu es parti mon ami
Tu m'as laissé seul ici
Mais partout tu me suis
Mon alter ego

Où tu es
J'irai te chercher
Où tu vis
Je saurai te trouver
Où tu te caches
Laisse-moi deviner
Dans mon cœur rien ne change
T'es toujours là, mon ange

Il manque ton rire à l'ennui
Il manque ta flamme à ma nuit
C'est pas du je
Mon alter ego

Où tu es
J'irai te chercher
Où tu vis
Je saurai te trouver
Où tu te caches
Laisse-moi deviner
T'es sûrement Baie des Anges
Sûrement là-bas, mon ange
Sûrement là-bas
Sûrement là-bas

Où tu es
J'irai te chercher
Où tu vis
Je saurai te trouver
Où que tu sois
Je voudrais que tu saches
Dans mon cœur rien ne change
T'es toujours là, mon ange

Il manque un temps à ma vie
Il manque ton rire, je m'ennuie
Il me manque toi, mon ami

Jean-Louis Aubert

 


February 03

Coup de blues

La guérison n’est pas tout…

 

Le 14 février cela fera deux ans que je découvrais que j’avais un cancer.  Rentrée en urgence la veille pour des hémorragies qui duraient depuis 4 jours, on me faisait une biopsie ce matin là…Dans l’après-midi, Fabienne, ma gynécologue, était passée dans ma chambre, pour la première fois, depuis 20 ans qu’elle est mon médecin, lorsque je lui ai demandé ce que j’avais, elle m’a répondu, je ne sais pas je dois attendre les résultats…J’avais compris.  Je savais que ce sang que j’avais perdu à flots était le signal d’alarme de mon corps pour me dire qu’il fallait agir. 

 

Chaque année, à cette période, j’ai un coup de blues.  J’ai discuté avec d’autres personnes qui ont, tout comme moi, été malades et elles me disent toutes la même chose, on est guéri, mais la peur de rechuter ne nous quitte jamais vraiment.  De plus en plus, les psychologues, notamment ceux qui suivent des patients en oncologie, parlent de la mémoire du corps.  J’ai le sentiment que c’est le cas. 

 

Hier et aujourd’hui, j’ai souffert d’une migraine qui m’a obligée à me coucher, il y a deux ans à la même date ce fut pareil…Je ne l’ai réalisé que cette nuit.  J’ai une angoisse sourde depuis hier matin, ce n’est qu’en y réfléchissant que je me suis souvenue qu’il y a deux ans, c’est à peu près à cette date que j’ai commencé à m’inquiéter en constatant que mon état s’aggravait de jour en jour…les hémorragies ont commencé le 10 février mais avant cela, mon corps m’avait durant une semaine envoyé des tas de messages pour me dire de m’arrêter…

En regardant mon parcours, j’ai parfois le sentiment de n’avoir pas vécu tout cela, comme si tout cela était loin.  Mais quand on approche de la date à laquelle tout cela est devenu une réalité, j’ai un petit coup au moral.  Je ne sais pas ce qui se passe, c’est comme si je ressentais à nouveau cette angoisse, cette peur de ne pas en sortir, ces douleurs qui ont vrillé dans mon corps si longtemps.

 

Aujourd’hui, je suis guérie, de mon cancer mais loin d’être guérie des suites des traitements qui j’ai eus à subir.

Durant 2007, j’ai connu pas mal de soucis de santé, et beaucoup de mal à les gérer en continuant à assumer mon travail, ma vie de famille qui a été mise à mal par la mort du papa de mes enfants.

J’ai l’impression de vivre une course folle et mon corps, lui, ne suit pas.  Combien de fois ne me suis-je pas retrouvée dans une situation ou clairement ma tête disait oui et mon corps non !

Les répercutions des traitements se font sentir au niveau de mon foie, de ma circulation sanguine, de mes intestins qui ont été complètement brûlés.  

Et que dire de ma transformation physique.

J’ai 41 ans et suis ménopausée suite à l’ablation de mon utérus pour éviter toute récidive.  Au départ, je n’ai rien remarqué et puis peu à peu, j’ai vu les marques de la vieillesse prématurée s’installer sur mon corps et je le vis parfois très mal.

Entre les modifications de pigmentation de la peau, notamment dans le visage, la sécheresse de la peau qui est très inconfortable au niveau des jambes, la peau qui perd toute tonicité et qui ne tient plus comme avant, comme sur le ventre ou les bras, les yeux sous lesquels apparaissent beaucoup plus facilement les traces des nuits sans sommeil.   Mon ventre est devenu le lieu tabou de mon corps, il est l’endroit où tout s’est passé, focalisé.  Je me crispe à l’idée qu’on le touche, lorsque je le regarde, je ne vois que les cicatrices des opérations, les bleus atténué des multiples piqûres que j’ai reçues…

Je ne me suis jamais trouvée très belle, mais la vision de corps qui se flétrit est parfois une douleur, un sentiment d’injustice…

Je pourrais y remédier, en me lançant dans le sport, le régime et bien d’autres choses encore mais encore faut-il avoir le temps et surtout l’énergie pour le faire et je dois bien avouer que parfois j’en manque, je manque aussi de courage de me dire qu’un jour, je pourrais retrouver un corps qui me satisferait sans être pour autant parfait.  Je suis beaucoup plus vite fatiguée qu’avant et quand j’en ai fait part au médecin, elle m’a dit qu’il faudrait entre deux et trois ans pour digérer les 5 opérations et les traitements subis pour éradiquer la maladie.  Je trouve le temps long…Je sais, je ne suis pas patiente !

C’est d’autant plus difficile que j’ai rencontré un homme dont je suis amoureuse, que j’aimerais me sentir bien dans ma peau et être sexy comme toute femme amoureuse et pourtant ce n’est pas le cas…

Ces mots pourraient sembler crus à celui qui les lira mais ils sont le reflet de la réalité.  Mon blog a toujours été le reflet de ma maladie, dans ces moments forts dans ces moments faibles.  Je pense qu’il est optimiste et plein de vie mais il ne doit pas occulter mes moments de doutes et là, aujourd’hui, en écrivant ces lignes, je doute.

Je sais que dans 1 heure, dans 2 peut-être tout cela sera mieux géré, mieux vécu, mais lorsqu’on évoque un parcours de guérison, doit-on forcément omettre les moments ou le chemin est plus difficile à parcourir ?  Non, je crois que c’est en reconnaissant ses faiblesses et en les acceptant qu’on est plus fort pour avancer, pour continuer.

Alors, je vais raccrocher un sourire et me regarder dans le miroir avec un autre œil…plus indulgent peut être mais jamais complaisant…Et puis me dire que je vais y arriver….

January 28

Une chanson

 
Samedi matin, je me décide à me faire un petit plaisir soit un bain bien chaud, une petite huile essentielle et une paix royale sans être dérangée par aucun 'maman' intempestif de l'un ou l'autre de mes fils ! Toutes les mamans et les papas en solo comprendront de quoi je veux parler ! C'est un moment béni ou tout ce qui compte ce sont les bulles de savon, le confort du petit coussin dans la baignoire et le bon bouquin qu'on peut enfin parcourir en se délectant à chaque page !
J'avais mis la radio et par hasard j'entends une vielle chanson de R. Cocciante, à l'époque où elle était sortie, je l'avais déjà beaucoup aimée...aujourd'hui, elle me parle bien plus encore car elle est le juste reflet de la belle histoire que déroule ma vie depuis 5 mois :
 
 
Notre Histoire - R. Cocciente :
 
C'est pas une histoire de cinema
C'est notre histoire à nous deux
C'est une histoire qu'on n'inventerait pas
Une histoire de gens heureux

Une histoire totalement parallèle
A c'qui se passe dans le monde actuel
Une histoire complètement marginale
On dirait même anormale

{Refrain:}
Notre histoire
Une histoire à l'envers
De l'époque où l'on vit
Histoire ordinaire
Pas tellement d'aujourd'hui
Mais c'est notre histoire
Une histoire à faire taire
Tous nos meilleurs amis
Qui ne voulaient pas croire
Qu'on vivrait une histoire
Comme notre histoire

C'est une histoire sans rebondissements
On n'en ferait pas un roman
Du genre "on se quitte, on se reprend"
Nous on s'aime à cent pour cent
C'est une histoire qui se renouvelle
Toutes les heures, toutes les secondes
Même si on n'en parle pas aux nouvelles
C'est la plus belle histoire du monde

{au Refrain}

Notre histoire
C'est une histoire de fous
Qui n'regarde que nous
Histoire sans histoire
Sans glamour et sans gloire
Mais c'est notre histoire
Une histoire à l'envers
De l'époque où l'on vit
Histoire ordinaire
Pas tellement d'aujourd'hui
Mais c'est notre histoire
Notre histoire

C'est une drogue douce et dure à la fois
Ce qui se passe entre elle et moi
Ce n'est pas juste un p'tit bonheur béat
C'est un éternel combat

{au Refrain}

Mais c'est notre histoire
Une bouteille à la mer
Comme un hymne à la vie
Message de la Terre
Aux autres galaxies
Notre histoire
Une histoire à l'envers
De l'époque où l'on vit
Histoire sans histoire
Qui ressemble peut-être
A votre histoire
Notre histoire
Une histoire
Sans histoire

Je ne sais pas comment sera le futur de ma belle histoire, mais je sais qu'elle m'a appris beaucoup de choses, avant tout qu'il est possible de vivre avec force quelque chose sans pour autant tomber dans le piège de la passion.  Que la construction petit à petit, jour après jour est bien plus solide que l'arrivée en force et les plans sur la comète.  Que parfois l'amour arrive là où ne l'attend pas toujours et pas forcément non plus de la façon dont on l'avait imaginé.  Alors, je vis, je profite, j'aime et je déguste chaque seconde.  Demain, dans 1 mois, ce sera encore différent, plus fort, plus construit encore mais je n'ai pas envie d'y penser.  Là, je pense à ce soir, à cette belle soirée qui m'attend et Lafontaine ne dit-il pas 'tout vient à point à qui sait attendre "...


January 24

Humeur du jour

Le Sourire - Emmanuel Moire

On a toujours le droit, de douter, décevoir, ceux qui sont restés et baisser les bras qu’on levait 100 fois, longtemps même, mais

On a toujours le droit, de pleurer, certains soirs, tenu au secret, quand la vie n’est pas, ce qu’on rêvait là, longtemps même, avant même, de voir

REFRAIN :
Je donne un sourire sans savoir ou ça le mène s’il peut consoler pour qu’il me revienne
Je donne un sourire et soudain on a le même, le temps d’essayer, tout vaut la peine

On a toujours le droit de tomber, de s’asseoir, sans se relever, de se dire pourquoi encore un combat, longtemps même, avant même d’y croire, d’y croire

REFRAIN :
Je donne un sourire sans savoir ou ça le mène s’il peut consoler pour qu’il me revienne
Je donne un sourire et soudain on a le même, le temps d’essayer, tout vaut la peine

Donner un sourire et la terre devient l’Eden, l’Eden

REFRAIN :
Je donne un sourire sans savoir ou ça le mène, s’il peut consoler pour qu’il me revienne
Je donne un sourire et soudain on a le même, le temps d’essayer, tout sourire, la Terre devient l’Eden

January 17

Nancy

Une fleur à mon chapeau !

 

C’est ton anniversaire aujourd’hui ma petite fée du Feng-shui !  Et j’avais envie de te consacrer le temps de t’écrire un petit mot, alors hier soir…j’ai cogité et voilà ma prose. Qui es- tu ?  Une tornade blonde pleine d’énergie, de bonne humeur et avec un courage face à la vie que tout le monde peut t’envier. Lorsque nous nous sommes rencontrées tu sortais à peine de ta maladie mais déjà tu promettais d’être une véritable bombe, une fois tout à fait remise !

 

Mes pronostics se sont avérés exacts, tu as littéralement cassé la baraque depuis quelques années.

 

Je t’ai vu être maman, envers et contre tous ! Tu t’es toujours battue pour Fabien et Laurent.  Tu as toujours privilégié leur bien-être et tu ne t’es laissée faire par personne.  Tu cours à gauche, à droite, le foot, le basket, la vie…rien ne t’arrête par amour pour eux.

 

Je t’ai vu changer physiquement et devenir une « top bich » pour reprendre l’expression favorite de mon fils ! Plus jamais, je ne promènerai mon chien avec toi, toutes les voitures s’arrêtent, sans compter les hommes qui te demandent le chemin qu’ils connaissent parfaitement ou les propositions carrément propositionnelles qui pleuvent quand tu t’assieds à la table d’un resto !

 

Je t’ai vu changer mentalement, tu étais très éprouvée par la maladie mais tu as su en tirer le meilleur parti.  Tu as développé un bien-être en toi qui s’est répercuté autour de toi.  Tu es un moment de paix dans une journée chargée, une oreille toujours attentive à qui veut parler, une épaule solide sur laquelle s’appuyer un cas de coup dur, une masseuse que je recommande à qui a besoin de faire le vide dans sa tête !   Tu es la force !

 

Je t’ai vu changer dans ta vie de tous les jours, je ne compte plus les aménagements que tu as apporté chez toi qui font qu’une ambiance très particulière et tellement reposante y règne.  Tu as un goût sûr pour la décoration, des tas d’idées pas banales et le don de marier les choses pour faire de ton chez toi un petit cocon de douceur.

 

Je t’ai vu changer dans tes rapports aux autres, t’affirmer de plus en plus, tout en restant disponible.  Je ne compte plus nos délire, nos rires et nos fous-rires surtout dans toutes les situations que nous avons connues pour le moins incongrues, juste pour te rafraîchir la mémoire… La première fois que tu as mis des housses dans ta voiture, ta crise de colère devant St Pierre parce que je voulais porter ma valise, notre soirée à chanter des tubes des années 80 à table devant un Didier médusé qui se demandait à quelles folles il avait à faire !

 

Je t’ai vu être blessée, par les gens, par la vie, par les autres, j’ai vu tes larmes et j’ai tenté tant bien que mal de les consoler.  Je t’ai vu souffrir, endurer ce que peu de personnes peuvent endurer et tout cela avec un sourire, un courage et une bonne humeur qui ont toujours forcé mon admiration.

 

Je t’ai vu découvrir l’amour lorsque tu as rencontré Didier, je t’ai vu enfin heureuse épanouie, je t’ai vue enfin appréciée à ta juste valeur, aimée, entourée, choyée, il était temps.

 

Enfin, je t'ai vu me porter comme personne ne l'a fait pendant ma maladie et je ne t'en dirai jamais assez merci.

 

Tu es formidable, généreuse et surtout fidèle, ton bonheur ne t’a pas changée, il ne t’a rendue que meilleure encore, si cela était possible.

 

Je te souhaite un très bel anniversaire et surtout, mais tu le sais, mon gsm est ouvert et on va affronter tout cela ensemble et tu verras…comme d’hab….ON VA GAGNER….enfin et surtout ….TU VAS GAGNER.

 

Je t’aime très fort ma chérie.

 

Bisous

 
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